Conseils
Un chasseur de têtes vous contacte, que lui répondre ?

Lorsqu’un un chasseur de têtes* vous contacte, votre égo est inévitablement flatté. « On vient me chercher, on me veut, mes compétences sont (enfin) reconnues ! ». Or, si vous n’y prenez garde, ce mécanisme peut vous jouer des tours. Bien entendu, le recruteur saura s’appuyer sur ce levier pour vous convaincre d’accepter un poste, même si vous n’êtes pas totalement emballé(e). Mais vous pourriez aussi être votre propre victime : en vous prétendant intéressé(e) par une opportunité pour le simple plaisir de prolonger un processus où vous vous sentez courtisé(e), vous allez perdre en crédibilité. Mon conseil : soyez clair en ce qui concerne vos objectifs de carrière, et gardez la tête froide. 

Patricia Luthy profile picture Rédigé par Patricia Luthy

Le poste ne vous intéresse pas … 

Cas numéro 1 : vous n’avez aucune envie de quitter votre job. 

Informez directement le chasseur de têtes que vous n’êtes pas intéressé(e) pour le moment – vous éviterez ainsi de lui faire perdre un temps précieux. Ne fermez toutefois pas la porte à la discussion : les professionnels du recrutement connaissent parfaitement le marché, et sont souvent de bon conseil pour l’évolution de votre carrière. 

Cas numéro 2 : vous avez envie de quitter votre job, mais celui qui vous est proposé ne correspond pas à vos attentes. 

Commencez par confirmer à votre interlocuteur qu’il vous appelle au bon moment puisque vous pensez justement à quitter votre emploi. Expliquez ensuite clairement le type de poste que vous recherchez (en mettant en évidence les différences avec le poste qui vous est proposé). Vous pouvez même proposer une rencontre, afin de faire plus ample connaissance - toujours utile pour le cas où d’autres opportunités se présenteraient. Dans tous les cas, envoyez votre CV rapidement après cette première prise de contact. Cela rendra votre profil plus concret dans l’esprit du coureur. 

Si le poste ne vous intéresse pas, n’hésitez pas à donner le nom de personnes de votre entourage qui sont à la recherche de nouveaux défis professionnels, et qui correspondent au profil recherché. Précisez au chasseur qu’il peut les contacter de votre part, ce qui lui assurera un meilleur accueil. Le recruteur vous gardera ainsi dans sa liste de contacts « source » privilégiés, et sera naturellement plus enclin à penser à vous lorsqu’une opportunité en ligne avec vos compétences se profilera. 

Le poste vous intéresse … 

Cas numéro 3 : le poste proposé vous intéresse, mais vous n’êtes pas sûr(e) de vouloir quitter votre emploi.

Confirmez clairement votre intérêt, et tout aussi clairement le fait que vous n’aviez pas, a priori, le projet de quitter votre emploi. Ce deuxième élément est important, car il vous donnera l’opportunité de vous retirer du processus à n’importe quel moment sans laisser au sourceur le sentiment que vous avez joué avec lui. Cela peut également vous mettre dans une situation de force pour la négociation : il faudra de solides arguments pour que vous vous laissiez tenter. Attention toutefois, car si le recruteur perçoit que vous tentez de faire monter les enchères de manière déguisée, il est libre de décider de ne pas poursuivre le processus avec vous. Il y a sans doute d’autres bons candidats sur le marché. 

Cas numéro 4 : le chasseur vous propose le poste idéal.

Foncez ! Communiquez au chasseur votre enthousiasme et montrez-lui à quel point vous êtes LE candidat parfait pour ce poste. N’oubliez pas qu’il doit être convaincu par votre candidature, car c’est lui qui va vous vendre auprès de la société qui a ouvert le poste. Il faut qu’il ait toutes les cartes en main – et l’envie de vous défendre. 

Vous êtes désormais dans votre nouveau job… 

Conservez précieusement la relation que vous avez créée avec le sourceur au cours du processus de recrutement : il se pourrait bien que ce soit à nouveau lui qui vous propose, dans quelques années, l’évolution professionnelle dont vous rêvez. Et, si c’est possible, n’oubliez pas de lui confier un mandat de recrutement au sein de votre nouvelle entreprise. Il appréciera sans aucun doute ce retour d’ascenseur auquel les candidats pensent trop rarement. 


*Dans l’acceptation classique des milieux du recrutement, le « chasseur de têtes » est un recruteur qui recherche des profils rares, précis et de haut niveau. Mais avec l’arrivée du web, des réseaux sociaux et de LinkedIn, cette pratique s’est démocratisée. Aujourd'hui, tout bon recruteur peut être amené à identifier et à solliciter des personnes qui ne seraient jamais devenues candidates s’il ne les avait pas repérées. Donc, que vous soyez, comptable, marketing manager ou CFO, oui, un chasseur peut vous contacter.

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