Conseils
Éveiller le potentiel humain pour être plus heureux au travail

Lors d’une «table ronde», en vidéoconférence, entre professionnels des ressources humaines, nous avons parlé de notre vision de l’éveil du potentiel humain en entreprise. Nous souhaitions partager nos expériences à ce sujet et évaluer les possibilités pour le futur, un futur qui commence aujourd'hui. Nous avions chacun nos points de vue, mais notre rêve à tous est d’abord d’avoir des entreprises plus innovatrices et créatives en termes de modes de travail et plus centrées sur l’humain, et au final… j’ose l’écrire: le bonheur au travail.

Melanie Blaser profile picture Rédigé par Melanie Blaser

Pistes de réflexion

Éveiller notre potentiel humain: c'est le genre de question philosophique qui provoque plus de questions que de réponses: qu’est-ce que le réveil? C’est le passage de quelque chose à quelque chose d’autre, mais de quoi à quoi? Qu’est-ce que le potentiel? Les possibilités? L’ouverture de soi aux possibles et devenir plus soi-même? Se sentir plus libre? Ressentir moins de pression? Chacun peut contribuer à chercher des éléments de réponse, pour soi, pour les autres, pour améliorer notre situation au travail et dans la vie.

Lors de notre table ronde, nous avons rapidement digressé et dérivé vers la vie en général. Nous avons aussi parlé de l’amélioration de la condition humaine sur terre pour atteindre l’éveil de tous nos potentiels, pour aboutir à de meilleures connaissances, plus de vrais échanges entre les humains, l’innovation pour l’humain et pas seulement pour l’économie, l’harmonie, laisser la créativité s’exprimer et la possibilité de profiter de beaucoup d’autres opportunités.

Des collaborateurs éveillés

Remodeler toute une entreprise peut sembler une épreuve titanesque. Mais quand nous sommes sur un bateau, si nous dévions de 2% du cap, que se passe-t-il après 12 heures de navigation? En partant de San Remo, en Italie, et en visant la côte ouest de la Corse, on arrive à l’ile d’Elbe (merci à mon ami Olivier qui a fait le calcul). 

Si chacun d’entre nous contribue à 2%, tout est donc possible, pour autant que nous trouvions un équilibre entre les règles, qu’imposent toute entreprise, et toute vie en société, et le développement du potentiel humain. Si nous sommes éveillés à nos potentiels, nous pouvons aider les autres à trouver leur chemin. Si nous avons compris pourquoi nous le faisons, ce qui nous motive, ce qui nous intéresse, dans le développement du potentiel humain, alors nous pouvons l’expliquer aux autres et montrer l’exemple.

Autre exemple qui me semble parlant: une ampoule peut être éteinte ou allumée, plus ou moins lumineuse, ça reste une ampoule, même éteinte. Il en va de même pour nous: nous pouvons trouver l’interrupteur, le variateur et briller. Ou rester éteint/e.

Combien de fois avons-nous pensé que c’était impossible de faire un rapport, ou des statistiques, en respectant les délais qui nous étaient imposés et finalement, nous l’avons fait, avec ou sans aide, voire présenté devant des collègues ou la direction de l’entreprise dans laquelle nous travaillons.

Comment avons-nous fait? Nous sommes sortis de notre zone de confort. Nous avons ouvert une porte. Nous avons peut-être demandé de l’aide à un collègue. Nous avons appris. Nous avons progressé. Nous nous sommes dit que c’était possible, que si d’autres pouvaient le faire, nous pouvions le faire aussi. Chacun a sa propre méthode, mais chaque fois, en allant plus loin, nous développons notre potentiel, qui est infini.

Chassons les préjugés

Mes enfants adorent TikTok. Moi, au premier abord, j’avais mon avis: c’est débile. Mais je suis restée ouverte. Et avec le temps, je me suis rendu compte que leur culture musicale s’élargissait. Ils chantonnaient des mélodies de classiques, dans tous les styles musicaux et je leur ai fait écouter les versions originales de ces chansons.

Mon fils (10 ans) veut devenir Youtubeur: quand il me l’annonce, avant même que j’ouvre la bouche, mes deux enfants disent en chœur: «oui Maman, c’est un métier!». Effectivement, réflexion faite, les Youtubeurs, les influenceurs, les blogueurs ne vont pas au travail, n’entrent pas dans une case, ne sont pas un numéro. Ils font ce qu’ils aiment, ils vivent de ce qu’ils aiment. Leur vie et leur métier ne font plus qu’un. Ils utilisent leur potentiel, leur créativité, et ils sont probablement plus éveillés que d’autres, plus eux-mêmes.

L’estime de soi

Une intervenante à la table ronde a dit: «Je suis exactement là où je voulais être en termes professionnels et personnels, mais…» et elle lève les yeux au plafond pour réfléchir, «…il me manquait quelque chose». Nous avons défini ce quelque chose : c’est l’auto-reconnaissance. Elle ne se trouve jamais assez bien. Et pourtant, elle a une grande capacité à encourager les autres, à les motiver, à leur faire croire en eux-mêmes. Mais pourquoi n’applique-t-elle pas la même méthode à elle-même ? Parce qu’elle n’est pas encore capable d’auto-reconnaissance. Être satisfait de son travail, de soi, contribue à construire l’estime de soi et donne un ressenti beaucoup plus positif aux autres. Quand nous avons une bonne estime de nous-mêmes, tout en restant humbles, nous sommes plus forts face aux autres et nous pouvons leur apporter notre soutien et être plus efficace ensemble.

La reconnaissance vient de nous, de l’intérieur, elle ne vient pas des autres: je l’ai appris au fil du temps, et pourtant j’ai encore et toujours l’impression d’avoir besoin des autres. Mes directeurs l’avaient bien compris et me tapotaient régulièrement sur l’épaule pour me dire «c’est bien».

Toutefois, est-ce que nous ne sommes pas souvent plutôt déçus par la réaction des autres quand nous faisons quelque chose de nouveau, de différent? Combien de personnes nous disent «c’est bien»? Et combien de personnes nous disent «bah, quelle drôle d’idée»? Nous sommes les acteurs de notre vie, nous faisons nos choix, et nous en faisons quelque chose qui nous fait du bien, et qui nous rends heureux au travail.

S’adapter

C’est le maître mot dans cette période de pandémie. Nous avons tous dû nous adapter et nous nous sommes tous adaptés, plus ou moins bien, avec plus ou moins de réticence, avec plus ou moins de succès. Certains se sentent mieux : ils font plus de sport, voient plus leur partenaire et leurs enfants. D’autres se sentent perdus, délaissés, isolés : ils ne voient plus leurs collègues, ils sortent peu.

Dans tous les cas, nous sommes dans une situation de travail atypique, voire asynchrone. Et ça marche. Certaines entreprises ont repensé leur manière de fonctionner.

Pour tous les postes dont c’est le résultat qui importe, et non pas le nombre d’heures travaillées ou autre chose, comme les clients à servir, il semblerait même qu’un schéma se mette en place, comme une stratégie de jeu au foot : le 20% – 60% – 20%. C’est-à-dire 20% de travail au bureau, 60% de manière hybride et 20% à la maison (source: Marc Benninger, La transformation du travail reconfigure l’utilisation des espaces, HR Today, 31.03.2021).

Beaucoup d’entre nous sont déjà des nomades digitaux. On peut suivre son cours de cross fit à 9 h 30 et travailler à midi ou un moment le soir après le repas. On peut faire ses courses ou aller à la déchetterie entre deux séances, à n‘importe quelle heure du jour, on gagnera du temps.

Pour parvenir à une situation de travail à distance saine et efficace, les entreprises et nous avons dû éveiller les potentiels humains, accepter le changement, modifier notre manière de travailler, changer nos outils de travail, utiliser de nouveaux logiciels, programmes, applications, collaborer différemment, revoir nos relations aux autres, à notre supérieur, à nos collègues, à nos subordonnés. Alors si nous y parvenons en temps de pandémie, nous y parvenons aussi en temps normal. Nous pouvons apprendre au fur et à mesure que le monde du travail évolue, que la technologie évolue.

Être soi-même et éveillé/e

Chacun a quelque chose à apporter aux autres, et sans jugement: c’est mieux. Se sentir en compagnie, accompagné, avec des gens qui nous aiment tels qu’on est, des gens bien dans leur peau, qui sont authentiques avec nous, avec qui on peut être soi-même, c’est bien, ça fait du bien. Au travail, en table ronde, en famille, entre amis. Le secret, c'est d’être soi-même, mais un soi-même éveillé, ouvert aux possibilités, au monde. Un soi-même qui ne dit pas «peut-être, mais…», un soi-même qui dit «ok je le fais». Réveillons nos potentiels et allons de l’avant.

Melanie Blaser

Merci à Impaktify, dont j’ai repris ici l’idée de l’éveil du potentiel humain dans les entreprises. Merci à tous les membres de la table ronde, dont j’ai utilisé les idées dans cet article.

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