Conseils
Faut-il forcément être passionné/e par ce qu'on fait pour réussir dans son job?

L’abondant débat sur le bonheur et la motivation au travail semble avoir fait naître un curieux raccourci dans certains esprits : pour être performant/e, il serait nécessaire d’être passionné/e. Que toutes les personnes qui sont lassées par les injonctions permanentes nous invitant à une vie passionnante - et donc forcément heureuse - se réjouissent : il n’existe pas de corrélation simple entre l’amour que nous portons à notre travail et nos résultats professionnels. Les personnes qui aiment trop leur job peuvent même représenter un danger, tant pour elles-mêmes que pour l’entreprise. Les clés de la réussite professionnelle sont donc à chercher ailleurs …

Patricia Luthy profile picture Rédigé par Patricia Luthy

Je suis passionné/e par mon emploi - attention danger ! 

Contrairement à ce qu’on pourrait penser de prime abord, le fait d’adorer son travail n’est pas toujours un atout. D’une part, la passion implique presque toujours un investissement important (personnel, émotionnel, matériel, temporel, …), le plus souvent au détriment d’un ou plusieurs autre(s) domaine(s) de vie (la famille, la vie sociale, les hobbies, …). Elle crée donc un risque de déséquilibre au sein de l’écosystème dans lequel vit la personne, pouvant mener à terme à la rupture de ce dernier (rupture amoureuse, distanciation du cercle amical, santé fragilisée par le manque de temps pour se ressourcer, …). D’autre part, le surinvestissement (qu’il soit émotionnel ou en temps) peut facilement mener à une forme d’identification au travail que l’on fait. En conséquence, toute critique devient insupportable, les enjeux sont perçus comme vitaux. Il devient très difficile de garder la tête froide, et donc de prendre les bonnes décisions ou d’adopter les comportements adéquats. Cela se traduit par des réactions « irrationnelles », non comprises par l’entourage. Le burnout n’est plus très loin. 

Conseil à tous/toutes les passionné/e/s : soyez vigilant/e/s sur toutes les questions d’équilibre (personnel et au sein de votre écosystème). Questionnez-vous régulièrement sur la portion de temps que vous consacrez à votre travail par rapport à vos autres domaines de vie, non seulement physiquement mais aussi psychologiquement : si vous continuez à penser à votre emploi quand vous êtes à la maison, comptabilisez ce temps du côté des heures consacrées à votre travail. 

Je déteste mon emploi – attention danger ! 

A l’autre bout du spectre, détester son travail n’est pas non plus très sain, et représente rarement une solution durable. L’absence totale de motivation risque à terme de générer des performances médiocres, même si l’employé/e a toutes les compétences nécessaires pour accomplir ses tâches. De nos jours, il est rare que les entreprises tolèrent longtemps des résultats en-dessous des attentes. Même si les objectifs sont atteints, le fait de ne pas du tout aimer ce qu’on fait comporte le risque bien réel de « colorer en noir » (ou au moins en gris) une bonne partie de sa journée. Cela a forcément un impact sur l’énergie globale de la personne : en sortant du travail, il faut compenser l’énergie négative qui s’est inévitablement accumulée au cours des heures. Au fil du temps, ce processus devient usant et peut mettre la santé physique et psychologique en danger. 

Conseil à tous/toutes les allergiques : la priorité devrait évidemment être de changer de travail. Mais si ce n’est pas possible immédiatement, travaillez le lâcher prise afin de remplacer les émotions négatives par un état neutre. L’idée est de prendre de la distance par rapport à ce que vous détestez et de conserver votre énergie pour l’investir dans les choses que vous aimez. Par ailleurs, gardez toujours en tête ce que vous permet cet emploi : payer vos factures, ajouter une ligne d’expérience à votre CV, des horaires conformes à vos envies et/ou contraintes, … . 

Les ingrédients indispensables à la réussite 

Dans la durée, la réussite professionnelle s’inscrit au-delà de la pure performance et englobe de nombreux autres facteurs que la seule mesure des résultats individuels. Ainsi, se sentir en adéquation avec la culture et les valeurs de l’entreprise (c’est-à-dire l’approche et la manière de travailler de l’entreprise) est sans doute plus important sur le long terme que la passion pour son job. Il est toutefois important d’aimer suffisamment ce qu’on fait – mais pas trop ! - pour pouvoir profiter des aspects positifs de l’entreprise. Au-delà du contenu du travail, le degré d’implication personnelle est également un ingrédient clé de la réussite professionnelle. Là encore, même si le « bon » dosage est personnel, il est utile de se souvenir du bon vieil adage : « trop et trop peu gâtent tous les jeux ». 

Conclusion

Le secret de celles et ceux qui réussissent réside probablement dans l’équilibre global de leur équation professionnelle : un environnement sain en adéquation avec leurs valeurs, un intérêt pour leur travail et une « juste distance » émotionnelle permettant un degré d’implication personnelle adéquat.

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